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Introduction
Vous avez étudié les hiragana. Vous connaissez quelques mots. Puis quelqu’un, à votre échange linguistique, à votre nouveau travail à Tokyo ou dans l’izakaya où vous avez atterri on ne sait comment, se tourne vers vous et dit じこしょうかいしてください (présentez-vous, s’il vous plaît), et tout ce que vous aviez appris s’envole.
Ce n’est pas votre faute. La présentation en japonais suit un script social assez figé, et l’écart entre les phrases du manuel et ce que les gens disent vraiment est assez grand pour dérouter. Le manuel vous donne わたしはアメリカじんです à la page trois. La vraie vie vous donne une tablée de gens qui attendent que vous disiez quelque chose qui sonne comme une personne, pas comme la réponse d’un cahier d’exercices.
Ce guide présente la structure réelle d’un 自己紹介 (jikoshoukai), comment le construire phrase par phrase et, tout aussi important, comment parler des autres en japonais sans recourir à des pronoms qui sonneront au mieux bizarres, au pire impolis.
Vocabulaire clé
Avant les phrases, quelques termes qui reviennent sans cesse et qui méritent d’être vraiment compris, pas seulement mémorisés comme des sons.
La formule de base
Une présentation japonaise classique suit une structure reconnaissable. Elle n’est pas rigide : les gens sautent des étapes, changent l’ordre et s’adaptent au contexte, mais si vous intégrez cette séquence, vous aurez une base de travail dans la plupart des situations.
La structure classique du 自己紹介
1
Salutation d’ouverture
はじめまして。(Hajimemashite.)
2
Votre nom
〔名前〕と申します / 〔名前〕です。([nom] to moushimasu / [nom] desu : je m’appelle [nom] / je suis [nom].)
3
Origine ou affiliation
〔国〕から来ました / 〔会社・学校〕の〔役職〕です。([kuni] kara kimashita / [kaisha/gakkou] no [yakushoku] desu : je viens de [pays] / je suis [poste] chez [entreprise/école].)
4
Quelque chose sur vous (facultatif mais utile)
趣味は〔hobby〕です。(Shumi wa [loisir] desu : mon loisir, c’est [X].)
5
Formule de clôture
よろしくお願いします。(Yoroshiku onegaishimasu.)
C’est tout. L’ensemble prend environ 20 à 30 secondes. Le niveau de politesse de chaque étape s’ajuste au contexte : un entretien d’embauche penche vers le formel, un échange linguistique vers le décontracté, mais le squelette reste le même. Construisons chaque partie correctement.
Parler des autres : le problème des pronoms
Cette section existe parce que le japonais désigne les personnes très différemment du français, et que les manuels passent souvent vite sur la réalité pratique. En bref : le japonais a des pronoms, mais les natifs les utilisent bien moins qu’on ne le croit, et plusieurs de ceux qu’on apprend en premier sont maladroits en vraie conversation.
Première personne : parler de soi
Le français n’a qu’un mot : je. Le japonais en a plusieurs, chacun avec son propre poids social.
| Mot | Lecture | Qui l’emploie et quand |
|---|
| わたし | watashi | Le choix sûr par défaut. Poli et neutre en genre. À utiliser en cas de doute. |
| わたくし | watakushi | Très formel. Présentations professionnelles, discours, contextes officiels. Sonne guindé en conversation courante. |
| ぼく | boku | Masculin, décontracté. Employé par les garçons et les jeunes hommes, ou par les hommes adultes dans un cadre détendu. Déplacé en contexte formel. |
| おれ | ore | Masculin, décontracté, registre plus rude. Courant chez les jeunes hommes à l’oral informel. Sonne brusque en société polie. |
| うち | uchi | Féminin, décontracté, surtout dans le dialecte du Kansai. De plus en plus répandu dans d’autres régions chez les femmes à l’oral familier. |
| (rien) | N/A | Souvent le choix le plus naturel. Quand le thème est évident, on omet complètement le pronom. マリアです。アメリカから来ました。(Maria desu. Amerika kara kimashita.) est parfaitement naturel sans un seul わたし (watashi). |
La règle de l’omission
En japonais, le sujet et le thème disparaissent dès qu’ils sont clairs d’après le contexte. C’est grammaticalement normal, pas négligé. Une présentation comme マリアです。フランスから来ました。大学で経済を勉強しています。よろしくお願いします。(Maria desu. Furansu kara kimashita. Daigaku de keizai wo benkyou shite imasu. Yoroshiku onegaishimasu.) ne contient aucun pronom de première personne et sonne tout à fait naturel. Omettre わたし (watashi) après la première phrase est la norme, pas une erreur.
Deuxième personne : s’adresser à son interlocuteur
C’est là que les apprenants trébuchent le plus. En français, on dit tu ou « vous » en permanence, sans y penser. Le japonais a plusieurs options, et la plupart ont une connotation.
| Mot | Lecture | En pratique |
|---|
| あなた | anata | Techniquement correct, mais en pratique il peut sonner froid, agressif ou trop direct, en particulier d’un homme à un autre homme, ou dans un registre formel. Dans l’intimité, des épouses l’emploient pour leur mari. Dans un débat, il sonne accusateur. À utiliser avec parcimonie. |
| きみ | kimi | Informel, un peu condescendant ou affectueux selon le contexte. Les supérieurs l’emploient avec leurs subordonnés. Ne l’utilisez pas avec quelqu’un dont la position sociale est égale ou supérieure à la vôtre. |
| おまえ | omae | Rude, masculin et intime. Entre amis proches, ou chez les personnages d’anime. L’employer avec une connaissance ou un inconnu serait choquant. |
| 〔名前〕さん | [nom]-san | C’est ce qu’il vous faut. Utiliser le nom de la personne avec さん (ou l’honorifique adapté) au lieu d’un pronom est la façon normale de faire dans la plupart des situations réelles. 田中さんはどう思いますか?(Tanaka-san wa dou omoimasu ka?) plutôt que あなたはどう思いますか?(Anata wa dou omoimasu ka?) |
La règle pratique
Quand vous vous adressez à quelqu’un, utilisez son nom + un honorifique adapté plutôt qu’un pronom. Si vous ne connaissez pas encore son nom, demandez-le : お名前は何ですか?(Onamae wa nan desu ka?) (comment vous appelez-vous ?). Une fois que vous le connaissez, utilisez-le. C’est ainsi que les adultes japonais conversent sans créer la gêne qu’entraîne l’abus de pronoms.
Troisième personne : parler des autres
Les pronoms de troisième personne existent en japonais et sont grammaticalement corrects. Mais en pratique, nom + honorifique (ou nom + fonction) est bien plus courant au quotidien.
Pronoms de troisième personne
かれ (kare) : il / lui. Signifie aussi, familièrement, « petit ami ».
かのじょ (kanojo) : elle. Signifie aussi, familièrement, « petite amie ».
かれら (karera) : ils (groupe masculin ou mixte)
かのじょら / かのじょたち (kanojora / kanojotachi) : elles (groupe féminin, moins courant)
Ce que les gens disent à la place
田中さん (Tanaka-san) : Tanaka-san (utiliser le nom)
あの方 (ano kata) : cette personne (poli)
あの人 (ano hito) : cette personne (neutre)
先生 (sensei) : professeur (le titre sert de référence)
部長 (buchou) : chef de service (le titre sert de référence)
Employer かれ (kare) ou かのじょ (kanojo) pour désigner une tierce personne n’est pas faux, mais vous paraîtrez plus naturel, et plus attentif aux codes sociaux, en utilisant noms et titres. Le contexte indique de toute façon généralement de qui vous parlez.
Situation par situation
Les mêmes informations se présentent très différemment selon l’endroit où vous êtes. Voici les contextes les plus courants et ce qu’il faut ajuster.
1
Échange linguistique ou rencontre informelle
Registre décontracté. Oubliez le keigo. といいます (to iimasu) ou です (desu) suffit pour votre nom. Le but est de lancer la conversation, pas d’impressionner avec du vocabulaire formel. Commencez par quelque chose qui leur donne une question à vous poser.
Exemple :
はじめまして。ジェイクです。アメリカから来ました。趣味はハイキングと日本語の勉強です。よろしく。
Hajimemashite. Jeiku desu. Amerika kara kimashita. Shumi wa haikingu to nihongo no benkyou desu. Yoroshiku.
Salut, moi c’est Jake. Je viens des États-Unis. Mes loisirs, c’est la randonnée et l’apprentissage du japonais. Enchanté.
2
Cours ou club universitaire (部活 / サークル : bukatsu / saakuru)
Poli mais pas guindé. Indiquez votre année et votre filière : ce sont les deux choses que tout le monde veut savoir. Dans les clubs au Japon, il faut souvent se présenter debout devant le groupe, d’où l’intérêt d’avoir une version de 20 secondes bien rodée.
Exemple :
はじめまして。エマといいます。留学生で、経済学部の2年生です。音楽が好きで、このサークルに興味があります。よろしくお願いします。
Hajimemashite. Ema to iimasu. Ryuugakusei de, keizaigakubu no ninen-sei desu. Ongaku ga suki de, kono saakuru ni kyoumi ga arimasu. Yoroshiku onegaishimasu.
Bonjour, je m’appelle Emma. Je suis étudiante étrangère, en deuxième année d’économie. J’aime la musique et ce club m’intéresse. Enchantée.
3
Entreprise / premier jour de travail
Keigo complet. Utilisez と申します (to moushimasu) pour votre nom. Indiquez votre service, votre poste, et terminez par une phrase qui montre votre envie de contribuer : よろしくお願いいたします (yoroshiku onegai itashimasu) avec le plus formel いたします (itashimasu) plutôt que simplement します (shimasu). Restez bref et posé. Ce n’est pas le moment de parler de vos loisirs, sauf si on vous le demande.
Exemple :
はじめまして。営業部の田中と申します。本日よりお世話になります。まだ不慣れな点も多いと思いますが、精一杯努力してまいりますので、どうぞよろしくお願いいたします。
Hajimemashite. Eigyoubu no Tanaka to moushimasu. Honjitsu yori osewani narimasu. Mada funareta ten mo ooi to omoimasu ga, seippai doryoku shite mairimasu node, douzo yoroshiku onegai itashimasu.
Enchanté. Je m’appelle Tanaka, du service commercial. Je commence aujourd’hui. Il y a sûrement encore beaucoup de choses que je ne maîtrise pas, mais je ferai de mon mieux, je compte donc sur votre soutien.
4
Nomikai ou soirée entre collègues (飲み会 : nomikai)
N’essayez pas de faire une présentation formelle complète, sauf si le groupe le demande expressément. Profitez d’une pause pour aborder quelqu’un, restez bref et chaleureux, et laissez la conversation se faire. Un début en keigo complet lors d’un nomikai paraît raide. Dites votre nom, dites quelque chose auquel il est facile de réagir, posez une question en retour.
Exemple :
あ、はじめまして。マイクといいます。田中さんの友達ですか?
A, hajimemashite. Maiku to iimasu. Tanaka-san no tomodachi desu ka?
Ah, enchanté. Je m’appelle Mike. Vous êtes un ami de Tanaka ?
Exemples de présentations complètes
Trois présentations complètes à différents niveaux de politesse, commentées.
Décontracté Échange linguistique
Japonais :
はじめまして。サラといいます。イギリスのロンドン出身です。今は東京に住んでいます。趣味は映画と料理で、最近は日本料理を作るのにはまっています。よろしく。
Hajimemashite. Sara to iimasu. Igirisu no Rondon shusshin desu. Ima wa Tōkyō ni sunde imasu. Shumi wa eiga to ryouri de, saikin wa nihon ryouri wo tsukuru no ni hamatte imasu. Yoroshiku.
Français :
Enchantée. Je m’appelle Sara. Je viens de Londres, en Angleterre. En ce moment, j’habite à Tokyo. Mes loisirs, c’est le cinéma et la cuisine ; ces temps-ci, je suis à fond dans la cuisine japonaise. Ravie de vous rencontrer.
Ce qui fonctionne : aucun pronom わたし (watashi) ; il est sous-entendu partout. Se termine par le familier よろしく (yoroshiku) plutôt que par le お願いします (onegaishimasu) complet. Le détail sur la cuisine japonaise est une accroche naturelle pour la conversation.
Poli Club universitaire
Japonais :
はじめまして。ケビンといいます。アメリカから来た留学生で、経済学部の3年生です。日本語を2年間勉強していて、もっと会話を練習したいと思っています。趣味はサッカーと読書です。どうぞよろしくお願いします。
Hajimemashite. Kebin to iimasu. Amerika kara kita ryuugakusei de, keizaigakubu no san-nensei desu. Nihongo wo ninen-kan benkyou shite ite, motto kaiwa wo renshuu shitai to omotte imasu. Shumi wa sakkaa to dokusho desu. Douzo yoroshiku onegaishimasu.
Français :
Enchanté. Je m’appelle Kevin. Je suis un étudiant étranger venu des États-Unis, en troisième année d’économie. J’apprends le japonais depuis deux ans et j’aimerais pratiquer davantage la conversation. Mes loisirs sont le football et la lecture. Je compte sur vous.
Ce qui fonctionne : l’année et la filière d’emblée (les deux informations que les gens veulent vraiment). Dire qu’on veut pratiquer la conversation montre de l’ouverture. Le よろしくお願いします (yoroshiku onegaishimasu) complet convient à ce registre.
Formel Entreprise / nouvelle recrue
Japonais :
はじめまして。本日より開発部に配属になりましたアンナと申します。大学では情報工学を専攻しておりました。わからないことも多いと思いますが、早く戦力になれるよう精進してまいります。どうぞよろしくお願いいたします。
Hajimemashite. Honjitsu yori kaihatsubu ni haizoku ni narimashita Anna to moushimasu. Daigaku de wa jouhou kougaku wo senkou shite orimashita. Wakaranai koto mo ooi to omoimasu ga, hayaku senryoku ni nareru you shoujin shite mairimasu. Douzo yoroshiku onegai itashimasu.
Français :
Enchantée. Je m’appelle Anna et je suis affectée au service développement à partir d’aujourd’hui. J’ai étudié l’informatique à l’université. Il y aura sûrement beaucoup de choses que je ne comprendrai pas encore, mais je travaillerai dur pour être opérationnelle le plus vite possible. Je compte sur votre bienveillance.
Ce qui fonctionne : l’affectation au service vient en premier. Formes verbales d’humilité tout du long (申します (moushimasu), おりました (orimashita), してまいります (shite mairimasu)). Reconnaître son manque d’expérience est attendu et respecté, pas un signe de faiblesse. Se termine par いたします (itashimasu) plutôt que します (shimasu) pour plus de formalité.
Erreurs fréquentes à éviter
Ces erreurs reviennent sans cesse chez les francophones qui apprennent le japonais. Aucune n’est catastrophique (on vous comprendra), mais les corriger vous fera paraître nettement plus naturel.
Abuser de わたし
En français, presque chaque phrase commence par « je ». Transposer cette habitude telle quelle en japonais donne un résultat robotique ou un peu égocentrique. Une fois que vous êtes posé comme thème (explicitement ou par le contexte), omettez le pronom. マリアです。フランスから来ました。映画が好きです。(Maria desu. Furansu kara kimashita. Eiga ga suki desu.) : pas un seul わたし (watashi), et c’est parfaitement naturel.
Utiliser あなた comme « vous » par défaut
Si vous avez suivi un manuel de japonais, vous avez sans doute appris あなた (anata) très tôt. Mais les natifs l’emploient rarement pour s’adresser directement à quelqu’un ; il peut paraître froid ou agressif, surtout dans un cadre professionnel ou formel. Demandez vite le nom de la personne, puis utilisez-le. 鈴木さんはどちらから来られましたか?(Suzuki-san wa dochira kara koraremashita ka?) plutôt que あなたはどこから来ましたか?(Anata wa doko kara kimashita ka?)
Oublier よろしくお願いします
En français, il n’y a pas de formule fixe pour conclure une présentation : on dit « enchanté » ou rien du tout. En japonais, finir sans よろしくお願いします (yoroshiku onegaishimasu) (ou au minimum よろしく (yoroshiku)) laisse la présentation brusquement inachevée. C’est un signal social : vous avez fini de parler et vous ouvrez la relation. Ne l’oubliez pas.
Employer des pronoms familiers en contexte formel
Dire おれ (ore) en entretien d’embauche, ou きみ (kimi) à un nouveau collègue, trahit soit trop d’assurance, soit une mauvaise lecture de la situation. Quand vous découvrez un nouveau cadre au Japon, penchez pour わたし (watashi) pour vous-même et nom + さん (san) pour les autres. Vous pourrez toujours devenir plus familier avec le temps.
Utiliser さん pour soi-même
Celle-ci revient étonnamment souvent. さん (san) est un honorifique pour les autres, jamais pour soi. わたしは田中さんです (Watashi wa Tanaka-san desu) laisserait croire que vous parlez d’un autre Tanaka, ou que vous avez mélangé quelque chose d’essentiel. Pour parler de vous, votre nom seul, sans suffixe.
Mélanger les niveaux de politesse
Commencer par le formel と申します (to moushimasu) puis passer aussitôt à よろしく (yoroshiku) sans la formule complète crée un registre incohérent, comme si vous aviez pioché des phrases dans des situations différentes. Choisissez un niveau et tenez-vous-y. En cas de doute, visez le milieu : といいます … よろしくお願いします (to iimasu … yoroshiku onegaishimasu) convient sans risque à la plupart des situations.
Questions fréquentes
Faut-il s’incliner quand on se présente ?
Oui, dans la plupart des situations. Une légère inclinaison (15 à 30 degrés) accompagne はじめまして (hajimemashite) et よろしくお願いします (yoroshiku onegaishimasu). Dans un cadre décontracté, un petit signe de tête suffit. Dans un cadre professionnel ou formel, une inclinaison plus marquée convient, et s’aligner sur la profondeur de celle de votre interlocuteur est une bonne règle par défaut. Ne vous prenez pas la tête : les Japonais pardonnent volontiers aux étrangers leur technique, et un effort sincère est bien perçu même si l’exécution n’est pas parfaite.
Faut-il donner son nom de famille ou son prénom en premier ?
En japonais, l’ordre est nom de famille puis prénom : l’inverse de l’usage français (en 2019, le gouvernement japonais a officiellement
demandé aux médias internationaux d’adopter cet ordre (en anglais) pour les noms japonais). En tant qu’étranger, vous pouvez choisir l’un ou l’autre ordre pour vous présenter, mais si vous voulez suivre l’usage japonais, commencez par le nom de famille. Plus concrètement : donnez les deux et précisez lequel est lequel en cas de doute, surtout si votre nom est peu familier pour une oreille japonaise.
ジョンソン・エマといいます。エマと呼んでください。(Jonson Ema to iimasu. Ema to yonde kudasai.) (Je m’appelle Emma Johnson. Appelez-moi Emma.) est une solution simple.
Et si j’ai un trou de mémoire au milieu de ma présentation ?
Les deux choses à ne surtout pas oublier sont votre nom et よろしくお願いします (yoroshiku onegaishimasu). Tout le reste se rattrape. En cas de trou, dites votre nom, dites えーと (ēto) (euh…) le temps de rassembler vos idées (c’est une hésitation tout à fait normale), puis dites ce qui vous vient à l’esprit sur vous. Un silence suivi de すみません、少し緊張しています (Sumimasen, sukoshi kinchou shite imasu) (désolé, je suis un peu nerveux) est aussi parfaitement acceptable et vaut généralement une réaction chaleureuse.
Est-il impoli de demander l’âge de quelqu’un pendant les présentations ?
Moins qu’en France. L’âge compte dans les relations sociales au Japon, car il détermine le niveau de langue : poli, familier, voire honorifique. Il n’est pas rare que deux personnes qui se rencontrent établissent qui est l’aîné pour savoir comment se parler. Cela dit, demander son âge à un inconnu ou à un contact professionnel dès la première rencontre reste perçu comme direct. Tout dépend du contexte.
Combien de temps doit durer ma présentation ?
Dans la plupart des situations informelles ou semi-formelles, visez 20 à 40 secondes. Assez long pour donner aux autres de quoi rebondir, assez court pour ne pas monopoliser la parole. Au travail, une présentation formelle peut durer un peu plus si besoin, mais la concision reste appréciée. Quand tout le monde se présente à tour de rôle, il y a une pression implicite sur le temps : regardez combien de temps prennent les autres et faites à peu près pareil.
Mon japonais doit-il être parfait pour réussir ma présentation ?
Non. On s’attend à ce qu’un apprenant fasse des fautes, et c’est généralement bien accueilli. Plus que la perfection, c’est la sincérité et l’effort qui comptent. Un
はじめまして…わたし…えーと…マリアです。フランスから来ました。よろしくお願いします (Hajimemashite… watashi… ēto… Maria desu. Furansu kara kimashita. Yoroshiku onegaishimasu.) hésitant et imparfait passe bien mieux que de ne rien dire et de passer à l’anglais. Avec des structures simples et les bonnes phrases, on va déjà loin. L’
aisance à l’oral (guide en anglais) vient avec la pratique, pas avant.
Conclusion
La formule est vraiment simple : はじめまして (hajimemashite), votre nom, d’où vous venez, ce que vous faites ou étudiez, une chose sur vous, よろしくお願いします (yoroshiku onegaishimasu). Répétée une ou deux fois jusqu’à ce qu’elle coule à vitesse normale, elle couvre la plupart des situations que vous rencontrerez vraiment.
Le système des pronoms demande un peu plus de temps, surtout parce qu’il faut se défaire du réflexe français de dire « je » et « vous » à tout bout de champ. Le raccourci pratique : utiliser les noms. Demandez-les tôt, utilisez-les souvent. Nom + さん (san) n’est presque jamais une erreur.
Un dernier mot
La meilleure préparation à une vraie présentation, c’est de la dire à voix haute avant d’en avoir besoin. Écrivez la vôtre, lisez-la à voix haute jusqu’à ce qu’elle sonne comme une conversation plutôt qu’une récitation, puis dites-la à une vraie personne : un partenaire d’échange linguistique, un professeur, n’importe qui. Entre connaître les phrases par cœur et pouvoir les dire calmement sous une légère pression sociale, l’écart est réel, et seule la répétition permet de le combler. Vous serez encore un peu nerveux les premières fois. C’est normal. Tout le monde l’est.